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Arrêt maladie : peut-on faire le point sur sa carrière ?

  • Photo du rédacteur: José PEREZ GABARRON
    José PEREZ GABARRON
  • 23 mai
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 juin


Bilan de compétences pendant un arrêt maladie conditions et procédure

Vous êtes en arrêt maladie. Le travail vous a épuisé, votre santé a imposé une pause, ou un accident de vie vous oblige à ralentir. Dans cette période suspendue, une question peut apparaître : est-ce le moment de réfléchir à la suite ?


La réponse demande de la nuance. Un arrêt maladie n'est pas un congé de réflexion. C'est d'abord un temps de soin, de récupération et de protection. Mais dans certaines situations, lorsque l'état de santé le permet, il peut aussi devenir un moment pour préparer la suite : retour au poste, aménagement, changement d'environnement, reconversion ou projet professionnel plus soutenable.


Faire un bilan de compétences pendant un arrêt maladie est possible, mais pas n'importe comment. Il faut respecter une procédure, obtenir les autorisations nécessaires et surtout vérifier que le moment est adapté à votre état de santé.


Le bilan de compétences en ligne RH Talents, entièrement à distance, est particulièrement adapté à cette période par sa souplesse et l'absence de déplacement.



En bref

  • Le bilan de compétences pendant un arrêt maladie est légalement possible, sous conditions.

  • Deux autorisations sont nécessaires : l'accord écrit du médecin traitant, puis la transmission de cet accord à la CPAM.

  • Le versement des indemnités journalières est maintenu si la procédure est respectée.

  • Le bon moment est quand l'énergie revient, pas en phase aiguë d'épuisement.

  • La priorité reste le soin. Le bilan ne remplace pas un suivi médical ou psychologique.

  • Le CPF est mobilisable pendant l'arrêt, dans la limite du plafond de 1 600 euros et du reste à charge de 150 euros.



Ce que dit le cadre légal


Un salarié en arrêt de travail peut suivre une formation, mais sous conditions. Service-public.fr précise qu'il doit d'abord obtenir l'accord écrit de son médecin traitant, puis transmettre cet accord à sa CPAM, de préférence par courrier recommandé avec avis de réception. Le bilan de compétences fait explicitement partie des formations pouvant être suivies pendant un arrêt.


Le Code de la sécurité sociale indique que le versement des indemnités journalières ne fait pas obstacle à l'accès à des actions de formation professionnelle continue ou à des actions d'évaluation, d'accompagnement, d'information et de conseil, avec l'accord du médecin traitant et sous réserve de compatibilité avec la durée prévisionnelle de l'arrêt.


Autrement dit : le bilan pendant un arrêt n'est pas interdit. Mais il doit être compatible avec votre état de santé, validé médicalement et déclaré selon la procédure prévue.



La première condition : l'accord du médecin


Le premier interlocuteur est votre médecin traitant. C'est lui qui évalue si votre état de santé est compatible avec une démarche de réflexion professionnelle. Il peut notamment se demander si vous êtes en capacité de vous concentrer, si la démarche risque d'aggraver votre état, si le sujet du travail est encore trop sensible, et si le rythme des rendez-vous est compatible avec votre énergie.


Dans certains cas, le médecin conseillera d'attendre. Si vous êtes en phase aiguë d'un burn-out, d'une dépression ou d'une anxiété sévère, le plus raisonnable est de récupérer d'abord. Dans d'autres cas, il pourra considérer que la démarche est utile : préparer un retour plus soutenable, éviter de reproduire les mêmes conditions de travail, reconstruire une confiance professionnelle.


Si le médecin donne son accord, obtenez un écrit.



La deuxième condition : informer la CPAM


L'accord du médecin ne suffit pas à lui seul. Service-public.fr indique que l'accord écrit du médecin doit être transmis à la CPAM. La durée de la formation ne doit pas dépasser la durée prévisionnelle de l'arrêt pour que la CPAM donne son accord. En cas de non-respect de la procédure, le versement des indemnités journalières peut être interrompu.


C'est un point important, car certains contenus en ligne résument trop vite la règle en disant "il suffit de l'accord du médecin". En pratique, la procédure complète est la suivante : demander l'avis du médecin, obtenir un accord écrit, transmettre cet accord à la CPAM (de préférence par recommandé avec AR), attendre ou vérifier les conditions d'accord, et conserver les documents.


Cette procédure protège le bénéficiaire. Elle évite que la démarche soit interprétée comme une activité non autorisée pendant l'arrêt.



Faut-il prévenir son employeur ?


La réponse demande de la prudence. Si vous mobilisez votre CPF et que la démarche se déroule sans implication de l'employeur, votre projet reste en principe une démarche personnelle. Mais Service-public.fr précise qu'en cas d'accord, la CPAM peut transmettre l'information au salarié et, éventuellement, à l'employeur et au médecin du travail.


Il faut donc éviter les formulations trop absolues. L'employeur n'est pas nécessairement votre premier interlocuteur, mais la procédure peut impliquer des échanges avec la CPAM, et parfois avec l'employeur ou le médecin du travail selon la situation. Si la confidentialité est un sujet sensible pour vous, posez la question directement à la CPAM avant d'engager la démarche.



Le bon moment pendant l'arrêt


Tous les moments de l'arrêt ne se valent pas.


En début d'arrêt, le corps et le psychisme ont souvent besoin de repos. Se lancer immédiatement dans une réflexion professionnelle peut être trop coûteux, surtout si l'arrêt fait suite à un burn-out ou une dépression. Notre article bilan, coaching ou thérapie : comment choisir est utile à ce stade : la thérapie peut être prioritaire avant toute réflexion professionnelle.


En milieu d'arrêt, lorsque l'énergie revient progressivement, la réflexion peut devenir constructive. Vous êtes encore protégé par l'arrêt, mais vous commencez à pouvoir penser la suite avec de la distance.


En fin d'arrêt, la démarche peut aider à préparer la reprise. Mais si le retour est imminent, le temps risque de manquer pour mener un bilan complet.


Le bon moment dépend de trois éléments : votre état de santé, la durée prévisionnelle de l'arrêt, et votre capacité réelle à vous projeter sans vous épuiser.



Quand il vaut mieux attendre


Différez la démarche si vous êtes encore en phase aiguë d'épuisement, si parler du travail déclenche une forte détresse, si vous n'arrivez pas à vous concentrer, si vous dormez très mal, si vous êtes dans une instabilité émotionnelle importante, ou si votre médecin vous conseille d'attendre.


Dans ces situations, la priorité est le soin. Le bilan de compétences n'est pas une thérapie. Il peut accueillir les émotions liées au travail, mais il n'a pas vocation à traiter une souffrance psychique profonde. Si vous vous reconnaissez dans cette situation, notre article sur la différence entre bilan, coaching et thérapie vous aide à identifier le bon cadre.



Quand la démarche peut être utile


Le bilan prend tout son sens quand vous commencez à retrouver de l'énergie et que vous avez besoin de comprendre ce que cette épreuve dit de votre rapport au travail.


Il peut aider à clarifier ce qui vous a conduit à l'épuisement, ce que vous ne voulez plus retrouver, les conditions de travail à éviter, les compétences que vous pouvez mobiliser ailleurs, les pistes d'évolution possibles, les aménagements à envisager, ou la possibilité d'une reconversion progressive. Il ne s'agit pas de transformer l'arrêt en projet productif. Il s'agit de préparer la suite avec plus de lucidité.


L'enquête Harris Interactive de juillet 2025, menée auprès de 465 bénéficiaires, confirme cet impact : 74 % rapportent une amélioration de leur santé mentale après un bilan, et 83 % un renforcement de leur confiance en eux. Pour les personnes qui traversent une épreuve professionnelle, le bilan peut jouer un rôle de reconstruction, pas seulement de projet.



Ce que le bilan peut apporter pendant cette période


Le bilan peut d'abord structurer une réflexion qui tourne en boucle. Quand le travail a abîmé, les pensées deviennent souvent répétitives : "comment ai-je pu en arriver là ?", "est-ce que je dois reprendre ?", "est-ce que je suis encore capable ?". Le bilan offre un cadre pour organiser ces questions. Notre article sur les 10 signes que vous avez besoin d'un bilan vous aide à vérifier si le moment est venu.


Il peut aussi restaurer une image professionnelle plus juste. Un arrêt peut fragiliser la confiance en soi, alimenter un syndrome de l'imposteur déjà présent. Relire son parcours, identifier ses compétences, reconnaître ce qui a été construit aide à ne pas réduire son identité professionnelle à l'épreuve traversée.


Il peut enfin préparer une reprise plus consciente. Retour au poste, discussion avec l'employeur, aménagement, mobilité, changement d'entreprise ou reconversion : le bilan permet de choisir en connaissance de cause, plutôt que de reprendre par défaut.



Financement : ce qu'il faut vérifier en 2026


Le CPF peut être mobilisé pour un bilan pendant un arrêt, sous réserve de respecter la procédure décrite plus haut.


Depuis 2026, le montant mobilisable via le CPF est plafonné à 1 600 euros pour le bilan de compétences, avec un délai de 5 ans entre deux bilans financés. Le reste à charge obligatoire est de 150 euros depuis le 2 avril 2026, sauf cas d'exonération.


Vérifiez votre solde CPF, le plafond applicable, le tarif du bilan, la participation obligatoire et les possibilités d'exonération. Si les conséquences de votre arrêt sont reconnues en maladie professionnelle (accident du travail ou maladie professionnelle avec taux d'incapacité d'au moins 10 %), vous êtes exonéré du reste à charge.



Les précautions essentielles


Ne pas se surcharger. 

Le bilan demande de réfléchir, écrire, relire son parcours, se projeter. Si vous êtes encore fragile, le rythme doit être adapté. Mieux vaut un parcours plus étalé qu'un rythme trop dense. La méthode Kaizen prend tout son sens ici : avancer par petits pas, sans se brusquer.


Dire clairement votre état au consultant.

 Il n'a pas besoin de connaître tous les détails médicaux, mais il doit comprendre que vous êtes dans une période de fragilité. Cela permet d'ajuster le rythme, les exercices et les attentes.


Ne pas confondre bilan et soin. 

Si vous êtes suivi par un médecin, un psychologue ou un psychiatre, ce suivi reste prioritaire. Le bilan complète ce travail, il ne s'y substitue pas.


Ne pas forcer les décisions. 

Un arrêt peut donner envie de démissionner sans projet, de tout changer ou de fuir. Les décisions prises sous épuisement sont parfois trop radicales. Le bilan doit clarifier, pas précipiter. Si vous envisagez de quitter votre emploi, notre article quitter son CDI sans perdre ses droits au chômage détaille les voies possibles.



Préparer la reprise ou la suite


Le bilan réalisé pendant un arrêt peut déboucher sur plusieurs scénarios. Reprendre avec des ajustements : rythme, périmètre, missions, dialogue avec le management.


Changer d'environnement : le métier reste cohérent, mais la culture ou le management ne l'est plus. Préparer une reconversion progressive : avec une analyse réaliste des compétences, des formations et du calendrier. Les dispositifs 2026 comme la période de reconversion ou le CDD de reconversion peuvent sécuriser cette transition. Ou simplement retrouver confiance avant d'agir : mieux comprendre ce qui s'est passé et ce qui doit être évité est déjà un résultat important.



Questions fréquentes


Peut-on faire un bilan de compétences pendant un arrêt maladie ?

Oui, sous conditions. Vous devez obtenir l'accord écrit de votre médecin traitant puis transmettre cet accord à votre CPAM. Le bilan fait partie des formations autorisées pendant un arrêt selon Service-public.fr.


Les indemnités journalières sont-elles maintenues ?

Oui, si la procédure est respectée (accord médecin + notification CPAM + compatibilité avec la durée de l'arrêt). En cas de non-respect, le versement peut être interrompu.


Mon employeur sera-t-il informé ?

Pas nécessairement. Mais la CPAM peut, dans certains cas, transmettre l'information à l'employeur et au médecin du travail. Si la confidentialité est essentielle, vérifiez directement auprès de votre CPAM.


Est-ce une bonne idée en phase aiguë de burn-out ?

Non. En phase aiguë, la priorité est le soin et la récupération. Le bilan demande de l'énergie mentale. Il est plus utile quand l'énergie revient et que vous pouvez commencer à vous projeter.


Le CPF est-il utilisable pendant un arrêt maladie ?

Oui, sous réserve de respecter la procédure liée à l'arrêt. Le plafond CPF pour le bilan est de 1 600 euros, avec un reste à charge de 150 euros sauf exonération.


Le format en ligne est-il adapté pendant un arrêt ?

Souvent oui. Il évite les déplacements, permet un rythme souple et peut se faire depuis un environnement familier. Mais le choix dépend de votre état : certaines personnes préfèrent sortir de chez elles pour briser l'isolement.



Sources


  • Service-public.fr, "Formation pendant un arrêt maladie".

  • Code de la sécurité sociale, articles relatifs au maintien des indemnités journalières pendant une action de formation.

  • Toluna Harris Interactive pour Les Acteurs de la Compétence, "Retours d'expérience de bilan de compétences", juillet 2025. 465 bénéficiaires.

  • Décret n° 2026-127 du 24 février 2026 (plafond CPF 1 600 euros).

  • Décret n° 2026-234 du 30 mars 2026 (reste à charge 150 euros).

 
 
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