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Arrêt maladie : peut-on faire le point sur sa carrière ?

  • Photo du rédacteur: José PEREZ GABARRON
    José PEREZ GABARRON
  • 23 mai
  • 9 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 mai


bilan de compétences pendant un arrêt maladie

Vous êtes en arrêt maladie. Le travail vous a épuisé, votre santé a imposé une pause, ou un accident de vie vous oblige à ralentir.


Dans cette période suspendue, une question peut apparaître : est-ce le moment de réfléchir à la suite ?


La réponse demande de la nuance. Un arrêt maladie n’est pas un congé de réflexion. C’est d’abord un temps de soin, de récupération et de protection. Mais dans certaines situations, lorsque l’état de santé le permet, il peut aussi devenir un moment pour préparer la suite : retour au poste, aménagement, changement d’environnement, reconversion ou projet professionnel plus soutenable.


Faire un bilan de compétences pendant un arrêt maladie est possible, mais pas n’importe comment. Il faut respecter une procédure, obtenir les autorisations nécessaires et surtout vérifier que le moment est adapté à votre état de santé.



Ce que dit le cadre légal


Un salarié en arrêt de travail peut suivre une formation, mais sous conditions. Service-public précise qu’il doit d’abord obtenir l’accord écrit de son médecin traitant, puis transmettre cet accord à sa CPAM, de préférence par courrier recommandé avec avis de réception. La page précise aussi que les formations pouvant être suivies incluent le bilan de compétences.


Le Code de la sécurité sociale indique également que le versement des indemnités journalières ne fait pas obstacle à l’accès à des actions de formation professionnelle continue ou à des actions d’évaluation, d’accompagnement, d’information et de conseil, avec l’accord du médecin traitant et sous réserve de compatibilité avec la durée prévisionnelle de l’arrêt.


Autrement dit : le bilan de compétences pendant un arrêt maladie n’est pas interdit. Mais il doit être compatible avec votre état de santé, validé médicalement et déclaré selon la procédure prévue.



La première condition : l’accord du médecin


Le premier interlocuteur est votre médecin traitant.


C’est lui qui peut évaluer si votre état de santé est compatible avec une démarche de réflexion professionnelle.


Il peut notamment se demander :

  • êtes-vous en capacité de vous concentrer ?

  • la démarche risque-t-elle d’aggraver votre état ?

  • le sujet du travail est-il encore trop sensible ?

  • le bilan peut-il au contraire favoriser votre rétablissement ?

  • le rythme des rendez-vous est-il compatible avec votre énergie actuelle ?

  • avez-vous besoin d’un temps de soin avant de vous projeter ?


Dans certains cas, le médecin pourra conseiller d’attendre. Si vous êtes en phase aiguë d’un burn-out, d’une dépression, d’une anxiété forte ou d’un épuisement profond, le plus raisonnable peut être de récupérer d’abord.


Dans d’autres cas, il pourra considérer que la démarche est utile : préparer un retour plus soutenable, éviter de reproduire les mêmes conditions de travail, reconstruire une confiance professionnelle ou identifier une voie plus compatible avec votre santé.


Si le médecin donne son accord, il est préférable d’obtenir un écrit.



La deuxième condition : informer la CPAM


L’accord du médecin ne suffit pas à lui seul.


Service-public indique que l’accord écrit du médecin doit être transmis à la CPAM. La durée de la formation ne doit pas dépasser la durée prévisionnelle de l’arrêt pour que la CPAM donne son accord. En cas de non-respect de la procédure, le salarié s’expose à une interruption du versement de ses indemnités journalières.


C’est un point important, car certains contenus en ligne résument trop vite la règle en disant : “il suffit de l’accord du médecin”.


En pratique, il faut être prudent :

  1. demander l’avis du médecin ;

  2. obtenir un accord écrit ;

  3. transmettre cet accord à la CPAM ;

  4. attendre ou vérifier les conditions d’accord ;

  5. conserver les documents.


Cette procédure protège le bénéficiaire. Elle évite que la démarche soit interprétée comme une activité non autorisée pendant l’arrêt.



Faut-il prévenir son employeur ?


La réponse dépend du cadre exact.


Si vous mobilisez votre CPF et que la démarche se déroule sans implication de l’employeur, votre projet reste en principe une démarche personnelle. Mais Service-public précise qu’en cas d’accord, la CPAM peut transmettre l’information au salarié et, éventuellement, à l’employeur et au médecin du travail.


Il faut donc éviter les formulations trop absolues du type : “votre employeur ne saura jamais rien”.


La bonne formulation est plus prudente : l’employeur n’est pas nécessairement votre premier interlocuteur, mais la procédure peut impliquer des échanges avec la CPAM, et parfois avec l’employeur ou le médecin du travail selon la situation.


Si la confidentialité est un sujet sensible pour vous, il est préférable de poser la question directement à la CPAM avant d’engager la démarche.



Le bon moment pendant l’arrêt


Tous les moments de l’arrêt maladie ne se valent pas.


En début d’arrêt, le corps et le psychisme ont souvent besoin de repos. La priorité est de récupérer. Se lancer immédiatement dans une réflexion professionnelle peut être trop coûteux, surtout si l’arrêt fait suite à un burn-out, une dépression, une anxiété sévère ou un conflit professionnel intense.


En milieu d’arrêt, lorsque l’énergie revient progressivement, la réflexion peut devenir plus constructive. Vous êtes encore protégé par l’arrêt, mais vous commencez à pouvoir penser la suite avec plus de distance.


En fin d’arrêt, la démarche peut aider à préparer la reprise. Mais si le retour est imminent, le temps risque de manquer pour mener un bilan complet dans de bonnes conditions.


Le bon moment dépend donc de trois éléments :

  • votre état de santé ;

  • la durée prévisionnelle de l’arrêt ;

  • votre capacité réelle à vous projeter sans vous épuiser.


Le bilan de compétences demande de l’énergie mentale. Il ne doit pas devenir une pression supplémentaire.



Quand il vaut mieux attendre


Il peut être préférable de différer la démarche si :

  • vous êtes encore en phase aiguë d’épuisement ;

  • parler du travail déclenche une forte détresse ;

  • vous n’arrivez pas à vous concentrer ;

  • vous dormez très mal ;

  • vous êtes dans une instabilité émotionnelle importante ;

  • vous cherchez une solution immédiate pour fuir la souffrance ;

  • votre médecin vous conseille d’attendre.


Dans ces situations, la priorité peut être le soin, le repos, le suivi médical ou psychologique.

Le bilan de compétences n’est pas une thérapie. Il peut accueillir les émotions liées au travail, mais il n’a pas vocation à traiter une souffrance psychique profonde.


Un bon accompagnement professionnel doit respecter cette limite.



Quand la démarche peut être utile


Dans d’autres situations, faire un bilan pendant un arrêt maladie peut avoir du sens.


C’est le cas si vous commencez à retrouver de l’énergie et que vous avez besoin de comprendre ce que cette épreuve dit de votre rapport au travail.


Le bilan peut aider à clarifier :

  • ce qui vous a conduit à l’épuisement ;

  • ce que vous ne voulez plus retrouver ;

  • les conditions de travail à éviter ;

  • les compétences que vous pouvez mobiliser ailleurs ;

  • les pistes d’évolution possibles ;

  • les aménagements à envisager ;

  • le type d’environnement plus compatible avec votre santé ;

  • la possibilité d’une reconversion progressive.


Il ne s’agit pas de transformer l’arrêt maladie en projet productif.


Il s’agit de préparer la suite avec plus de lucidité, lorsque votre état le permet.



Ce que le bilan peut apporter pendant cette période


Pendant un arrêt maladie, le bilan de compétences peut remplir plusieurs fonctions spécifiques.


Il peut d’abord structurer une réflexion qui tourne en boucle. Quand le travail a abîmé ou épuisé, les pensées peuvent devenir répétitives : “comment ai-je pu en arriver là ?”, “est-ce que je dois reprendre ?”, “est-ce que je suis encore capable ?”, “est-ce que je dois partir ?”.

Le bilan offre un cadre pour organiser ces questions.


Il peut aussi aider à restaurer une image professionnelle plus juste. Un arrêt peut fragiliser la confiance en soi. Relire son parcours, identifier ses compétences, reconnaître ce qui a été construit peut aider à ne pas réduire son identité professionnelle à l’épreuve traversée.


Il peut enfin préparer une reprise plus consciente : retour au poste, discussion avec l’employeur, aménagement, mobilité, changement d’entreprise ou reconversion.


Le format en ligne : souvent plus adapté en période de fragilité


Pendant un arrêt maladie, le format en ligne peut présenter plusieurs avantages.


Il évite les déplacements, limite la fatigue logistique et permet de suivre les séances depuis un environnement familier. Il offre aussi plus de souplesse pour caler les rendez-vous aux moments où l’énergie est la plus disponible.


Le distanciel peut être particulièrement utile si :

  • votre énergie fluctue ;

  • les déplacements sont fatigants ;

  • vous souhaitez rester discret ;

  • vous avez besoin d’un cadre souple ;

  • vous reprenez progressivement confiance ;

  • vous avez besoin d’avancer sans vous exposer physiquement.


Certaines personnes préfèrent toutefois sortir de chez elles, notamment lorsque l’arrêt a créé un isolement. Dans ce cas, le présentiel peut aussi être bénéfique, à condition qu’il soit compatible avec l’état de santé.


Le bon format n’est donc pas théorique. Il dépend de votre situation réelle.



Financement : ce qu’il faut vérifier


Le CPF peut être mobilisé pour financer un bilan de compétences, y compris lorsque la personne est en arrêt, sous réserve de respecter la procédure liée à l’arrêt maladie.


En 2026, Mon Compte Formation indique que le montant mobilisable via le CPF pour un bilan de compétences est plafonné à 1 600 €, avec une règle de non-recours à un financement de bilan au cours des cinq années précédentes.


La participation financière obligatoire est fixée à 150 € pour l’année 2026, sauf cas d’exonération ou de prise en charge par un tiers.


Avant de vous inscrire, vérifiez donc :

  • votre solde CPF ;

  • le tarif du bilan ;

  • le plafond mobilisable ;

  • le reste à payer éventuel ;

  • la participation obligatoire ;

  • les possibilités d’exonération ;

  • l’accord médical ;

  • la transmission à la CPAM.


Le financement ne doit jamais être traité séparément de l’état de santé et de la procédure.



Les précautions à prendre


Si vous engagez un bilan pendant un arrêt, quelques précautions sont nécessaires.


Ne pas se surcharger

Le bilan demande de réfléchir, écrire, relire son parcours, se projeter, parfois confronter des sujets sensibles. Si vous êtes encore fragile, le rythme doit être adapté.

Mieux vaut un parcours plus étalé qu’un rythme trop dense.


Dire clairement votre état au consultant

Le consultant n’a pas besoin de connaître tous les détails médicaux, mais il doit comprendre que vous êtes dans une période de fragilité.

Cela permet d’ajuster le rythme, les exercices et les attentes.


Ne pas confondre bilan et soin

Si vous êtes suivi par un médecin, un psychologue ou un psychiatre, ce suivi reste prioritaire.

Le bilan de compétences peut compléter ce travail, mais ne doit pas s’y substituer.


Ne pas forcer les décisions

Un arrêt maladie peut donner envie de décider vite : partir, démissionner, se reconvertir, tout changer.

Mais les décisions prises sous épuisement sont parfois trop radicales ou trop défensives.

Le bilan doit aider à clarifier, pas à précipiter.



Préparer la reprise ou la suite


Le bilan réalisé pendant un arrêt maladie peut déboucher sur plusieurs scénarios.


Reprendre avec des ajustements

Le projet peut consister à reprendre le poste, mais avec des conditions différentes : rythme, périmètre, organisation, missions, dialogue avec le management, aménagements ou mobilité interne.


Changer d’environnement

Parfois, le métier reste cohérent, mais l’environnement ne l’est plus. Le bilan peut alors aider à identifier le type d’entreprise, de service ou de culture professionnelle à rechercher.


Préparer une reconversion

Si le métier lui-même n’est plus compatible avec votre santé, vos valeurs ou votre énergie, une reconversion peut être envisagée. Elle doit alors être construite progressivement, avec une analyse réaliste des compétences transférables, des formations, des contraintes et du calendrier.


Retrouver confiance avant d’agir

Dans certains cas, le premier résultat n’est pas un changement immédiat. C’est une meilleure compréhension de ce qui s’est passé, de ce qui est possible, et de ce qui doit être évité à l’avenir.

C’est déjà un résultat important.


Quand un accompagnement structuré peut aider


Lorsque l’arrêt maladie fait émerger des questions professionnelles profondes, il peut être utile de ne pas rester seul avec ces interrogations.


Le bilan de compétences en ligne RH Talents permet de faire le point à distance, avec un consultant dédié, dans un cadre structuré et progressif.


Il peut aider à analyser votre parcours, identifier vos compétences transférables, clarifier vos besoins professionnels et construire une suite réaliste, lorsque votre état de santé permet d’engager ce travail.



Ce qu’il faut retenir


Faire un bilan de compétences pendant un arrêt maladie est possible, mais cela suppose de respecter plusieurs conditions.


Il faut obtenir l’accord écrit du médecin traitant, transmettre cet accord à la CPAM et vérifier que la durée de la démarche est compatible avec la durée prévisionnelle de l’arrêt. Service-public rappelle qu’en cas de non-respect de la procédure, le versement des indemnités journalières peut être interrompu.


La question n’est donc pas seulement : “ai-je le droit ?”


La vraie question est : est-ce le bon moment pour ma santé, et est-ce que la démarche est correctement sécurisée ?


Si la réponse est oui, le bilan peut aider à transformer une période d’arrêt en temps de clarification, sans oublier que la priorité reste toujours le soin.



Questions fréquentes


Peut-on faire un bilan de compétences pendant un arrêt maladie ?

Oui, sous conditions. Le salarié doit obtenir l’accord écrit de son médecin traitant, puis transmettre cet accord à sa CPAM. Le bilan de compétences fait partie des formations pouvant être suivies pendant un arrêt, selon Service-public.


L’accord du médecin suffit-il ?

Non, pas complètement. L’accord écrit du médecin doit être transmis à la CPAM. La durée de la formation doit aussi être compatible avec la durée prévisionnelle de l’arrêt pour que la CPAM donne son accord.


Mon employeur doit-il être informé ?

Pas nécessairement au départ si la démarche est personnelle. Toutefois, Service-public précise qu’en cas d’accord, la CPAM peut transmettre l’information au salarié et, éventuellement, à l’employeur et au médecin du travail.


Est-ce une bonne idée après un burn-out ?

Cela dépend du moment. En phase aiguë, il est souvent préférable de se soigner d’abord. Lorsque l’énergie revient, le bilan peut aider à préparer une reprise plus soutenable ou une évolution professionnelle.


Le format en ligne est-il adapté pendant un arrêt ?

Souvent oui, car il limite les déplacements et permet un rythme plus souple. Mais le format doit être choisi en fonction de votre état de santé, de votre énergie et de l’avis médical.

 
 
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