Faut-il changer d'entreprise ? Les données pour décider en conscience
- José PEREZ GABARRON

- il y a 31 minutes
- 6 min de lecture

Une question de plus en plus fréquente
La question de rester ou partir n'est plus marginale. Selon le baromètre IFOP-Avenir Actifs 2025, 33% des salariés envisagent de changer d'entreprise dans les deux ans, soit une hausse de 5 points par rapport à 2024. En Île-de-France, ce chiffre monte à 37%.
Pour les Franciliens aux emplois du temps chargés, un bilan de compétences en ligne permet d'engager cette réflexion sans contrainte de déplacement.
Plus largement, 69% des salariés envisagent une évolution professionnelle à court terme.
Mais cette évolution ne passe pas forcément par un départ : 58% souhaitent évoluer au sein de leur entreprise actuelle, et 65% privilégient une mobilité interne plutôt qu'externe.
Ces chiffres révèlent une réalité nuancée : le questionnement est massif, mais la réponse n'est pas binaire.
Ce que disent les données sur la mobilité
La durée d'un contrat dans une entreprise a changé
Les parcours professionnels se sont accélérés. D'après l'INSEE, un salarié de moins de 35 ans reste en moyenne 3 à 4 ans dans une entreprise, contre 7 à 9 ans pour les générations précédentes. Ce n'est pas de l'instabilité : c'est une autre conception de la carrière, plus exploratoire.
En 2024, 15,9% des salariés du privé ont quitté leur employeur, selon l'étude INSEE-DARES. Les changements de secteur d'activité et de profession sont en hausse, signe que la mobilité devient un outil de repositionnement professionnel.
L'impact financier réel d'un changement
Les données sur le salaire sont contre-intuitives.
Selon l'INSEE (2024), les salariés qui restent dans leur entreprise voient leur salaire progresser de 5,7% en moyenne sur un an. Ceux qui changent d'entreprise n'obtiennent que 2,9% d'augmentation, soit 2,8 points de moins.
Ce paradoxe s'explique : en changeant d'entreprise, on perd souvent des avantages acquis (primes d'intéressement, participation, ancienneté). La première année dans un nouveau poste est rarement la plus favorable financièrement.
Cependant, l'APEC nuance ce constat pour les cadres : lors d'une mobilité interne, l'augmentation médiane est de 6,5%. Lors d'un changement d'entreprise, elle atteint 14%. Le différentiel se creuse sur le long terme, surtout pour ceux qui négocient bien leur départ.
Ce qui motive vraiment les départs
L'enquête DARES 2024 montre que 40% des mobilités sont motivées par une revalorisation financière. Une étude Rosaly confirme que 51% des salariés seraient prêts à changer d'entreprise pour une rémunération plus attractive, et 48% envisageraient de démissionner pour une augmentation de seulement 6% à 10%.
Mais l'argent n'explique pas tout. Le baromètre Avenir Actifs 2025 identifie d'autres moteurs : la quête de sens, le besoin de flexibilité, l'équilibre vie professionnelle-vie personnelle (20% des répondants), et de plus en plus, l'impact de l'intelligence artificielle sur les métiers (35% des salariés, +6 points en un an).
Les bonnes raisons de rester
Construire une expertise reconnue
Rester plusieurs années dans une organisation permet de développer une connaissance fine des processus, de devenir une référence interne, et de capitaliser sur des relations de confiance. Cette expertise est souvent invisible sur le marché externe, mais précieuse en interne.
Pour certaines carrières — notamment les postes techniques, les fonctions régaliennes, ou les environnements très spécialisés — la profondeur compte autant que la diversité.
Bénéficier des opportunités internes
52% des entreprises ont mis en place un programme structuré de mobilité interne en 2025, selon l'APEC. Les directions RH développent des plateformes internes, des cartographies de compétences, des passerelles métiers.
Si votre entreprise investit dans la mobilité interne, partir peut signifier perdre des opportunités d'évolution accessibles sans les risques d'un changement externe.
La stabilité comme choix stratégique
Dans un contexte incertain, la stabilité peut être un socle : sécurité financière, cadre permettant d'autres projets (familiaux, personnels), espace de développement sans pression de faire ses preuves.
Rester n'est pas synonyme d'immobilisme. C'est parfois un choix conscient et assumé.
Les bonnes raisons de partir
Accélérer sa progression salariale
Si les données montrent une perte relative la première année, le changement d'entreprise reste le levier le plus efficace pour obtenir un saut salarial significatif, surtout pour les cadres (+14% en médiane selon l'APEC).
Quand la reconnaissance interne ne suit plus l'engagement, quand les augmentations stagnent malgré les responsabilités croissantes, la question du départ devient légitime. Pour préparer cette étape, notre article sur comment négocier son salaire détaille la méthode.
Sortir d'un environnement qui ne correspond plus
On peut aimer son métier sans supporter la culture, le management, ou le rythme imposé. Dans ce cas, partir n'est pas une fuite — c'est une protection.
Les données France Travail 2025 sont parlantes : 7 salariés sur 10 ayant vécu une mobilité déclarent se sentir "plus alignés avec leurs aspirations" après leur changement.
Élargir ses compétences
Changer d'entreprise expose à d'autres méthodes, d'autres cultures, d'autres exigences. Cette diversité d'expériences renforce l'employabilité et évite l'obsolescence professionnelle, particulièrement dans les secteurs en transformation rapide.
Identifier ses compétences transférables permet de voir quelles portes sont ouvertes et de mieux valoriser son parcours auprès d'un nouvel employeur.
Les risques à mesurer
Le regard des recruteurs
Changer trop souvent peut soulever des questions : instabilité, difficulté à s'engager, fuite des difficultés. Ce n'est pas le nombre de changements qui pose problème — c'est l'absence de cohérence dans le récit.
Un parcours avec des mobilités fréquentes mais une logique claire (montée en compétences, spécialisation, repositionnement stratégique) sera mieux perçu qu'une succession de postes sans fil conducteur.
Le changement pour de mauvaises raisons
Partir uniquement pour fuir un malaise non identifié, par comparaison avec les autres, ou sous le coup de l'émotion peut conduire à reproduire les mêmes insatisfactions ailleurs.
L'étude Ifop 2023 révèle que 71% des salariés estiment qu'il est difficile de changer de métier. Cette difficulté perçue traduit souvent un manque de clarté sur ce qu'on cherche vraiment.
Si la culpabilité vous freine, notre article sur la culpabilité de changer de job peut vous aider à distinguer signal et frein.
La perte d'avantages acquis
En changeant d'entreprise, on repart souvent de zéro : pas de prime d'ancienneté, pas d'intéressement la première année, période d'essai à valider, réseau interne à reconstruire. Ces coûts cachés doivent être intégrés dans la réflexion.
Les questions à se poser avant de décider
Avant de rester ou de partir, prenez le temps de répondre honnêtement à ces questions :
Est-ce que j'apprends encore dans mon poste actuel ?
Mon travail a-t-il encore du sens pour moi ?
Est-ce que je me projette ici dans 2 ou 3 ans ?
Suis-je fatigué temporairement ou fondamentalement désaligné ?
Qu'est-ce que je fuis vraiment si je pars ?
Qu'est-ce que je perds vraiment si je reste ?
Ces questions sont souvent difficiles à explorer seul. Notre article Je ne sais plus où j'en suis professionnellement peut vous aider à clarifier si votre questionnement est passager ou plus profond.
Comment clarifier sa décision
Ce que permet un bilan de compétences
Un bilan de compétences n'est pas réservé à ceux qui veulent quitter leur entreprise. Il est particulièrement utile quand on hésite entre rester et évoluer, partir et se repositionner, transformer son poste actuel, ou envisager une reconversion.
Le bilan permet de faire le point sur ses compétences réelles, identifier ses moteurs profonds, comprendre ce qui relève du poste, du contexte ou de soi, et transformer un doute flou en décision éclairée.
Les données le confirment : 83% des personnes ayant bénéficié d'un accompagnement dans leur transition affirment que leurs nouvelles conditions de travail sont meilleures qu'avant.
Pour les professionnels de la région PACA, un bilan de compétences à Sophia Antipolis offre un accompagnement en présentiel dans un environnement propice à la réflexion.
Ce que permet un coaching de carrière
Parfois, la question n'est pas tant où travailler que comment se positionner : rapport à la reconnaissance, peur du risque, difficulté à poser des limites, syndrome de l'imposteur, fatigue décisionnelle.
Un coaching de carrière permet alors de clarifier ses critères de choix, travailler sa posture professionnelle, dépasser les blocages invisibles, et prendre une décision alignée — pas subie.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il rester dans une entreprise pour que ce soit bien vu ?
Il n'existe pas de durée idéale universelle. Les données montrent que les moins de 35 ans restent en moyenne 3 à 4 ans, contre 7 à 9 ans pour les générations précédentes. Ce qui compte pour les recruteurs, c'est la cohérence du parcours et la capacité à expliquer ses choix, pas la durée en soi.
Est-ce que changer d'entreprise fait vraiment gagner plus ?
Pas toujours. L'INSEE montre que les salariés mobiles subissent une perte salariale relative de 2,8 points la première année. Mais sur le long terme, et notamment pour les cadres, le changement d'entreprise reste le levier le plus efficace pour obtenir une augmentation significative (+14% en médiane selon l'APEC).
Comment savoir si je dois évoluer en interne ou partir ?
Posez-vous la question des opportunités réelles. 52% des entreprises ont un programme de mobilité interne structuré. Si votre entreprise en fait partie et que des postes vous intéressent, explorez d'abord cette piste. Si les opportunités sont bloquées ou si le problème est plus profond (culture, management, sens), le départ devient une option légitime. Un bilan de compétences aide à faire cette distinction.
Est-ce que partir, c'est fuir ?
Pas nécessairement. Partir peut être un acte de courage et de lucidité. Mais partir sans comprendre ce qu'on fuit risque de reproduire les mêmes insatisfactions ailleurs. La vraie question est : qu'est-ce que je veux construire, et est-ce que mon entreprise actuelle me permet de le faire ?
Vous hésitez entre rester et partir ?
Un bilan de compétences vous aide à clarifier ce que vous voulez vraiment, évaluer vos options, et prendre une décision alignée avec vos aspirations.
Sources : Baromètre IFOP-Avenir Actifs 2025, INSEE Emploi chômage revenus du travail 2024, DARES 2024, APEC 2024-2025, France Travail 2025, Étude Rosaly 2024, Ifop Mobilité souhaitée vs bloquée 2023.
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