Période de reconversion 2026 : le nouveau dispositif pour changer de métier en restant salarié
- José PEREZ GABARRON

- 7 févr.
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 juin

La période de reconversion est un dispositif de formation professionnelle qui permet à un salarié de préparer une reconversion interne ou externe à son entreprise, tout en conservant un droit de retour. Entrée en vigueur le 1er février 2026, elle remplace la Pro-A et les Transitions collectives (Transco), deux dispositifs qui n'avaient pas rencontré le succès attendu.
Ce guide fait le point sur son fonctionnement réel : qui peut en bénéficier, comment le mettre en place, quel financement, quelles différences avec le PTP, et comment préparer votre projet en amont. Si vous envisagez une reconversion et que vous avez besoin de clarifier votre projet avant de solliciter ce dispositif, le bilan de compétences en ligne RH Talents est conçu pour cette étape.
En bref : ce qu'il faut savoir
Base légale : loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, articles L6324-1 et suivants du Code du travail. Deux décrets d'application publiés le 31 janvier 2026 (n° 2026-39 et n° 2026-40, datés du 28 janvier 2026).
Entrée en vigueur : 1er février 2026.
Ce qu'elle remplace : la reconversion ou promotion par alternance (Pro-A) et les Transitions collectives (Transco).
Deux modalités : reconversion interne (dans votre entreprise) ou reconversion externe (dans une autre entreprise, via un CDD ou un CDI).
Pas de condition d'âge, de diplôme ni d'ancienneté.
Financement : OPCO, avec mobilisation possible du CPF.
Formulaire : CERFA n° 176113*01, publié le 3 février 2026 par le ministère du Travail.
Qu'est-ce que la période de reconversion ?
La période de reconversion permet à un salarié d'acquérir une certification professionnelle reconnue tout en restant lié à son entreprise d'origine. Elle peut viser une certification inscrite au RNCP, un certificat de qualification professionnelle (CQP) de branche ou interbranche, un ou plusieurs blocs de compétences, ou le socle de connaissances et de compétences CléA.
Le salarié bénéficie d'actions de formation et peut également valider ses acquis par la VAE ou acquérir un savoir-faire par l'exercice d'activités professionnelles en entreprise. Les modalités sont souples : formation en présentiel ou à distance, en centre ou au sein de l'entreprise.
Ce dispositif n'est pas juridiquement de l'alternance, mais il en reprend certains principes : la reconversion se construit par un va-et-vient entre formation théorique et mise en situation professionnelle.
Reconversion interne ou externe : les deux voies
Reconversion interne
Vous restez dans votre entreprise. Votre contrat de travail se poursuit normalement, votre rémunération est maintenue sans modification. La période de reconversion est mise en oeuvre à l'initiative de l'employeur ou du salarié, et fait l'objet d'un accord écrit formalisé via le CERFA n° 176113*01, complété par votre employeur.
Une convention de formation est conclue entre l'entreprise et l'organisme de formation. L'employeur transmet le dossier à l'OPCO au moins 30 jours avant le début de la période. L'OPCO dispose de 20 jours pour se prononcer sur la prise en charge.
Reconversion externe
Vous testez un nouveau métier dans une autre entreprise. Votre contrat avec votre employeur d'origine est suspendu, pas rompu. Vous signez un nouveau contrat de travail (CDD d'au moins 6 mois, ou CDI) avec l'entreprise d'accueil. Ce contrat peut prévoir une période d'essai.
C'est l'employeur de l'entreprise d'accueil qui complète le CERFA et transmet le dossier à son OPCO. C'est une précision importante apportée par le Q&R du ministère du Travail.
Votre rémunération est déterminée par le nouveau contrat. Si elle est inférieure à votre rémunération d'origine, l'écart peut être pris en charge si un accord d'entreprise, de branche ou une décision unilatérale de l'employeur le prévoit.
Pour approfondir le fonctionnement du CDD spécifique à la reconversion externe, consultez notre article sur le CDD de reconversion 2026.
Qui peut en bénéficier ?
Le dispositif est ouvert à tout salarié, sans condition d'âge, de diplôme ni d'ancienneté. La loi vise particulièrement les salariés expérimentés et ceux dont les compétences sont menacées d'obsolescence ou dont le métier est exposé à une forte mutation.
Un point souvent mal compris : la période de reconversion peut être initiée par le salarié comme par l'employeur, mais elle nécessite dans tous les cas un accord écrit entre les deux parties. Ce n'est pas un droit unilatéral que le salarié pourrait exercer sans l'accord de son entreprise. D'où l'importance d'arriver avec un projet structuré et crédible.
Durée de la période de reconversion
La formation est de 150 heures minimum et 450 heures maximum, répartie sur 12 mois maximum. Un accord d'entreprise ou de branche peut porter cette durée à 36 mois et 2 100 heures de formation.
La VAE et le socle CléA ne sont pas soumis au minimum de 150 heures.
Que se passe-t-il à l'issue d'une reconversion externe ?
Trois scénarios sont possibles.
Vous poursuivez avec l'entreprise d'accueil. Votre contrat d'origine est rompu par rupture conventionnelle (si vous étiez en CDI) ou d'un commun accord (si vous étiez en CDD). Les dispositions du licenciement économique ne s'appliquent pas. Le montant des indemnités de rupture ne peut pas être inférieur aux indemnités légales.
Vous réintégrez votre entreprise d'origine. Vous retrouvez votre poste initial ou un poste équivalent, avec une rémunération au moins équivalente. C'est le filet de sécurité du dispositif.
Vous refusez de réintégrer votre entreprise. Le contrat est alors rompu selon les modalités de la rupture conventionnelle (CDI) ou d'un commun accord (CDD).
Financement
Le financement repose sur l'OPCO, dans la limite d'une dotation allouée par France Compétences.
Les frais pédagogiques sont pris en charge par l'OPCO sur la base de niveaux de prise en charge fixés par les branches professionnelles. A défaut d'accord de branche, le décret n° 2026-40 fixe un forfait de 9,15 euros par heure et un montant moyen de prise en charge de 5 000 euros par parcours.
L'écart de rémunération (en cas de reconversion externe), les frais d'hébergement, de restauration et de transport peuvent être pris en charge par les fonds conventionnels ou volontaires, si un accord collectif ou une décision unilatérale de l'employeur le prévoit.
En cas de reconversion externe, c'est l'OPCO de l'entreprise d'accueil qui finance.
Les critères de financement sont définis par le conseil d'administration de l'OPCO, sur proposition des branches. Ils portent notamment sur l'ancienneté du salarié, son âge, la mutation de son activité et le risque d'obsolescence de ses compétences.
Mobilisation du CPF
Le salarié peut mobiliser son compte personnel de formation pour cofinancer la période de reconversion, mais uniquement avec son accord explicite. Depuis le reste à charge CPF passé à 150 euros et l'entrée en vigueur du plafond CPF de 1 600 euros pour le bilan de compétences, il est important de bien vérifier vos droits disponibles avant de les engager. Notre article sur le budget à prévoir pour un accompagnement carrière fait le point sur l'ensemble des options.
Points de vigilance
L'absence de réponse de l'OPCO dans le délai de 20 jours vaut refus de prise en charge. Ce point est souvent méconnu : si vous n'avez pas de retour dans les délais, la demande est considérée comme rejetée.
En cas de rupture anticipée de la période de reconversion, l'employeur doit signaler cette rupture à l'OPCO par voie dématérialisée dans un délai maximum de 30 jours.
Le salarié bénéficie de la protection de la sécurité sociale en matière d'accidents du travail et de maladies professionnelles pendant toute la durée de la période.
Quelle différence avec le Projet de transition professionnelle (PTP) ?
La confusion entre les deux dispositifs est fréquente. Ils coexistent mais ne répondent pas au même besoin.
Période de reconversion | PTP (Transitions Pro) | |
Initiative | Employeur ou salarié, accord nécessaire | Salarié seul |
Condition d'ancienneté | Aucune | 24 mois d'activité dont 12 dans l'entreprise |
Financement | OPCO | Transitions Pro (fonds dédié) |
Relation à l'employeur | Projet co-construit | Projet autonome du salarié |
Reconversion interne | Oui | Non (obligatoirement externe) |
Si vous hésitez entre ces deux voies, ou si votre employeur refuse une rupture conventionnelle, la période de reconversion peut être une alternative à explorer, à condition que le dialogue soit possible avec votre entreprise.
Comment préparer votre projet avant de solliciter le dispositif ?
La période de reconversion n'est pas un dispositif qu'on active sur un coup de tête. L'accord écrit avec l'employeur, le dossier OPCO, le choix de l'organisme de formation et la convention avec l'entreprise d'accueil (en cas de reconversion externe) supposent un projet clair.
Avant de vous lancer, trois éléments doivent être au clair : vos compétences transférables, le métier visé et la formation adaptée, et la faisabilité concrète du projet (marché, rémunération, contraintes personnelles).
C'est exactement ce que permet un bilan de compétences. Il structure votre réflexion, objectivise vos compétences et vous aide à construire un argumentaire solide pour obtenir l'accord de votre employeur. Le bilan de compétences en ligne RH Talents, entièrement à distance et finançable par le CPF, est conçu pour cette préparation.
Vous êtes en arrêt maladie ou en pause carrière ? Ces situations ne vous empêchent pas de préparer un projet de reconversion. Au contraire, elles peuvent être le bon moment pour clarifier la suite.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la période de reconversion ?
C'est un dispositif de formation professionnelle entré en vigueur le 1er février 2026, qui permet à un salarié de préparer une reconversion interne ou externe tout en conservant un lien avec son entreprise d'origine. Il remplace la Pro-A et Transco.
Faut-il l'accord de l'employeur ? Oui. Que la période soit initiée par le salarié ou par l'employeur, un accord écrit est obligatoire, formalisé via le CERFA n° 176113*01. Sans accord, le dispositif ne peut pas être mis en oeuvre.
Quelle est la durée de la formation ?
De 150 à 450 heures sur 12 mois maximum. Un accord de branche ou d'entreprise peut porter cette durée à 2 100 heures sur 36 mois.
Qui finance la période de reconversion ?
L'OPCO, dans la limite d'une dotation de France Compétences. A défaut d'accord de branche sur les niveaux de prise en charge, le forfait est de 9,15 euros par heure, avec un montant moyen de 5 000 euros par parcours. Le CPF peut être mobilisé en complément avec l'accord du salarié.
Que se passe-t-il si la reconversion externe ne me convient pas ?
Vous réintégrez votre entreprise d'origine sur votre poste initial ou un poste équivalent, avec une rémunération au moins équivalente. C'est le droit de retour garanti par la loi.
Quelle différence avec le PTP ?
Le PTP est à l'initiative du salarié seul, sans besoin d'accord de l'employeur, avec des conditions d'ancienneté et un financement par Transitions Pro. La période de reconversion est co-construite avec l'employeur, sans condition d'ancienneté, financée par l'OPCO, et permet aussi une reconversion interne.
Un bilan de compétences est-il obligatoire avant ?
Non, ce n'est pas une condition légale. Mais c'est fortement recommandé : le dossier suppose un projet clair, et l'accord de l'employeur sera d'autant plus facile à obtenir si vous présentez un projet structuré et vérifié.
Où trouver le formulaire CERFA ? Le CERFA n° 176113*01 est disponible sur service-public.fr. Le Questions-Réponses du ministère du Travail, publié le 3 février 2026 et mis à jour le 16 février 2026, apporte des précisions complémentaires.
Sources
Loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 portant transposition des accords nationaux interprofessionnels en faveur de l'emploi des salariés expérimentés et relatif à l'évolution du dialogue social.
Décret n° 2026-39 du 28 janvier 2026 relatif à la période de reconversion et aux entretiens professionnels.
Décret n° 2026-40 du 28 janvier 2026 relatif au financement de la période de reconversion.
Ministère du Travail, Questions-Réponses "La période de reconversion", publié le 3 février 2026, mis à jour le 16 février 2026.
CERFA n° 176113*01 "Période de reconversion", disponible sur service-public.fr.



