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Reste à charge CPF 2026 : 150 euros, plafonds et nouvelles règles

  • Photo du rédacteur: José PEREZ GABARRON
    José PEREZ GABARRON
  • 1 avr.
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 24 juin

Reste à charge CPF de 150 euros en vigueur depuis avril 2026


Le reste à charge CPF est passé à 150 euros le 2 avril 2026 (décret n° 2026-234 du 30 mars 2026). Cette hausse de 45 % en trois mois s'ajoute aux plafonds par type de formation entrés en vigueur fin février. Le CPF fonctionne désormais sur un modèle de cofinancement assumé.


Cet article fait le point sur toutes les nouvelles règles : qui paie, qui est exonéré, combien coûte un bilan de compétences avec le CPF en 2026, et comment optimiser le financement de votre projet.

Le bilan de compétences en ligne RH Talents reste accessible dans le cadre de ce nouveau plafond.



En bref


  • Reste à charge : 150 euros depuis le 2 avril 2026, pour chaque dossier de formation validé sur Mon Compte Formation.

  • Exonérations : demandeurs d'emploi, abondement employeur (même partiel), PTP, C2P, incapacité permanente AT/MP.

  • Plafond bilan de compétences : 1 600 euros maximum + délai de 5 ans entre deux bilans financés.

  • Plafond certifications RS : 1 500 euros (hors CléA).

  • Plafond permis de conduire : 900 euros, réservé aux demandeurs d'emploi ou avec cofinancement tiers.

  • Certifications RNCP : pas de plafond.

  • Le CPF n'est pas supprimé. Vos droits acquis restent intacts. Ce sont les règles d'utilisation qui changent.



Le reste à charge de 150 euros : ce que dit le décret


Le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026, publié au Journal officiel le 1er avril, fixe la participation forfaitaire obligatoire à 150 euros pour l'année 2026. Il s'applique aux demandes de souscription effectuées à compter du 2 avril 2026. Les dossiers validés avant cette date restent soumis à l'ancien montant de 103,20 euros.


Un détail juridique important, relevé par plusieurs analystes : le décret précise "pour l'année 2026". Les versions précédentes du texte ne mentionnaient aucun millésime. Ce simple ajout transforme la nature du dispositif : le reste à charge devient une variable révisable chaque année par décret. Un nouveau texte sera nécessaire pour fixer le montant applicable en 2027, ce qui laisse ouverte la possibilité d'une nouvelle hausse.



Historique du reste à charge CPF


Le reste à charge a été instauré en mai 2024 et n'a cessé d'augmenter depuis. 2 mai 2024 : 100 euros (décret n° 2024-394). 1er janvier 2025 : 102,23 euros (revalorisation indexée sur l'inflation). 1er janvier 2026 : 103,20 euros (arrêté du 30 décembre 2025). 2 avril 2026 : 150 euros (décret n° 2026-234).


L'augmentation de mai 2024 à avril 2026 est de 50 %. En trois mois seulement (janvier à avril 2026), le montant a bondi de 45 %. Le reste à charge n'est plus un ticket modérateur symbolique. C'est une participation significative au financement de la formation.



Qui paie le reste à charge


La participation de 150 euros est due par toute personne qui mobilise son CPF pour financer une formation, quel que soit le montant de la formation et quel que soit le solde disponible sur le compte.


Sont exonérés. Les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail. Les personnes bénéficiant d'un abondement de leur employeur, même partiel : dans ce cas, la participation forfaitaire est entièrement annulée. Les salariés en Projet de Transition Professionnelle (PTP). Les personnes mobilisant des points du compte professionnel de prévention (C2P). Les victimes d'accident du travail ou de maladie professionnelle avec un taux d'incapacité permanente d'au moins 10 %.


En pratique, l'abondement employeur est le levier le plus accessible pour les salariés en poste : il annule le reste à charge et permet de dépasser le plafond applicable.



Les plafonds CPF depuis février 2026


Depuis le 26 février 2026 (décrets n° 2026-126 et n° 2026-127 du 24 février 2026), des plafonds limitent le montant de droits CPF mobilisables selon le type d'action de formation, indépendamment du solde disponible sur le compte.


Bilan de compétences : 1 600 euros maximum, avec un délai de 5 ans entre deux bilans financés.


Certifications inscrites au répertoire spécifique (RS) : 1 500 euros maximum (hors CléA).


Permis de conduire (véhicules légers) : 900 euros maximum, réservé aux demandeurs d'emploi ou avec cofinancement tiers d'au moins 100 euros. Certifications RNCP : pas de plafond.


Pour le détail du plafond bilan de compétences, la règle des 5 ans, les cas d'application et les exceptions, consultez notre article dédié : plafond CPF de 1 600 euros pour le bilan de compétences.



Ce que ça change pour le bilan de compétences en 2026


Prenons un exemple concret.

Votre bilan coûte 1 800 euros. Vous avez 2 500 euros sur votre CPF.

Le CPF prend en charge 1 600 euros (plafond).

Reste à votre charge au titre du plafond dépassé : 200 euros.


Autre exemple. Votre bilan coûte 1 500 euros. Le CPF prend en charge 1 500 euros (inférieur au plafond, pas de dépassement). Reste à charge obligatoire : 150 euros. Total : 150 euros.


Troisième cas. Votre employeur cofinance via un abondement. Le reste à charge de 150 euros est annulé. Et si le prix dépasse le plafond, l'abondement couvre la différence.




Pourquoi ces réformes


Le CPF représente plusieurs milliards d'euros de dépenses annuelles. Les réformes 2026 poursuivent trois objectifs.


Réduire la dépense publique. 

Le reste à charge et les plafonds visent à contenir les volumes. Le permis de conduire, devenu la première formation financée par le CPF avec 264 millions d'euros en 2023 selon la DARES, est particulièrement ciblé.


Recentrer le dispositif sur l'employabilité.

 Les plafonds sur le permis et les certifications RS orientent les fonds vers les qualifications professionnelles inscrites au RNCP, sans plafond.


Limiter les abus.

La règle des 5 ans et les exigences de facturation ciblent les pratiques de prestataires sans accompagnement réel.

Il faut noter que le projet de loi de finances initial prévoyait la suppression pure et simple de l'éligibilité du bilan de compétences au CPF. Les parlementaires ont maintenu cette éligibilité, mais avec les restrictions décrites dans cet article.



Ce que ça implique pour les salariés


Le CPF n'est plus un financement intégral automatique. Pour optimiser l'utilisation de vos droits, trois leviers existent.


Solliciter un abondement employeur. 

C'est le levier le plus efficace. Il annule le reste à charge, peut couvrir le dépassement de plafond, et il est exonéré de charges sociales pour l'entreprise. Si vous préparez un entretien professionnel ou un entretien annuel, c'est un sujet à mettre sur la table.


Explorer les dispositifs complémentaires. 

La période de reconversion et le CDD de reconversion offrent des cadres de financement distincts du CPF, financés par les OPCO. Le PTP (Projet de Transition Professionnelle) exonère du reste à charge.


Vérifier vos droits avant de vous engager. 

Connectez-vous sur Mon Compte Formation pour consulter votre solde, et vérifiez la date de votre dernier bilan financé pour vous assurer que la règle des 5 ans ne vous bloque pas.



Ce que ça ne change pas


Le CPF reste un droit individuel à la formation. Les droits acquis demeurent sur le compte. Le bilan de compétences reste éligible. La confidentialité est préservée : un bilan financé sur le CPF en dehors du temps de travail n'a pas à être déclaré à l'employeur.



Questions fréquentes


Le CPF est-il supprimé en 2026 ?

Non. Le CPF reste un droit individuel. Vos droits acquis sont intacts. Ce qui change, ce sont les règles d'utilisation : plafonds par type de formation et reste à charge augmenté.


Mon solde CPF est-il réduit ?

Non. Le solde disponible sur votre compte reste inchangé. Le plafonnement limite le montant mobilisable pour une formation donnée, pas le solde total.


Le reste à charge s'applique-t-il à chaque formation ?

Oui. La participation de 150 euros est due pour chaque dossier de formation validé sur Mon Compte Formation, sauf exonération (demandeur d'emploi, abondement employeur, PTP, C2P, AT/MP).


Mon employeur peut-il prendre en charge le reste à charge ?

Oui, via un abondement. Dans ce cas, vous êtes exonéré de la participation de 150 euros. L'abondement employeur est exonéré de charges sociales.


Puis-je faire un bilan si j'en ai déjà fait un il y a trois ans ?

Non, si ce bilan a été financé par un tiers (CPF, Etat, Région, France Travail, OPCO). La règle des 5 ans s'applique. Un bilan autofinancé intégralement n'active pas cette restriction.


Le reste à charge va-t-il encore augmenter ?

C'est possible. Le décret précise "pour l'année 2026", ce qui signifie qu'un nouveau texte sera nécessaire pour 2027. Le mécanisme d'indexation sur l'inflation a été abandonné au profit d'un montant fixé par décret, ce qui ouvre la voie à une révision annuelle.


Comment savoir si je suis exonéré ?

Les cas d'exonération sont les suivants : inscription à France Travail comme demandeur d'emploi, abondement employeur (même partiel), projet de transition professionnelle (PTP), mobilisation du C2P, incapacité permanente AT/MP d'au moins 10 %.

En cas de doute, Mon Compte Formation indique votre situation au moment de la validation du dossier.



Sources

  • Décret n° 2026-234 du 30 mars 2026 relatif au montant de la participation obligatoire au financement des formations éligibles au CPF (JO du 1er avril 2026).

  • Arrêté du 30 décembre 2025 fixant le montant du reste à charge CPF à 103,20 euros pour janvier-mars 2026.

  • Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, articles 202 et 203.

  • Décret n° 2026-126 du 24 février 2026 relatif aux conditions d'éligibilité des bilans de compétences au CPF.

  • Décret n° 2026-127 du 24 février 2026 relatif aux plafonds de prise en charge CPF.

  • Service-public.fr, "CPF : la participation forfaitaire obligatoire augmente".

  • Mon Compte Formation, "De nouvelles règles pour mobiliser votre CPF".



 
 
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