top of page
Logo RH Talents

Pause carrière : les dispositifs pour s'arrêter et préparer la suite

  • Photo du rédacteur: José PEREZ GABARRON
    José PEREZ GABARRON
  • 4 mai 2024
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 janv.


Pause carrière

Vous n'en pouvez plus. L'envie de tout arrêter — au moins temporairement — vous traverse de plus en plus souvent. Prendre du recul, souffler, réfléchir à ce que vous voulez vraiment.


Mais vous vous dites que ce n'est pas possible. Qu'il faudrait démissionner, perdre vos droits, prendre un risque financier trop important.


En réalité, plusieurs dispositifs légaux permettent de faire une pause dans sa carrière — sans tout perdre. Congé sabbatique, démission-reconversion, rupture conventionnelle : chacun a ses conditions, ses avantages et ses limites.


Cet article fait le point sur ces options, leurs conditions d'accès, et surtout sur ce que vous pouvez faire de ce temps pour que la pause devienne un vrai tournant.


Pourquoi envisager une pause carrière


Une pause professionnelle n'est pas un caprice. C'est souvent une nécessité qui émerge après des années de signaux ignorés.


Les situations qui poussent à envisager une pause :


L'épuisement professionnel. Vous êtes vidé, démotivé, incapable de vous projeter. Les vacances ne suffisent plus à récupérer. Vous avez besoin d'un vrai temps de décompression.


La perte de sens. Vous faites votre travail correctement, mais vous ne savez plus pourquoi. Le décalage entre vos valeurs et votre quotidien professionnel est devenu trop important.


Le besoin de clarifier. Vous sentez qu'un changement est nécessaire, mais vous ne savez pas lequel. Vous avez besoin de temps et d'espace mental pour y voir clair.


Un projet qui demande du temps. Formation longue, création d'entreprise, projet personnel structurant — certains projets ne peuvent pas se mener en parallèle d'un emploi à temps plein.


Dans tous ces cas, continuer « comme avant » n'est pas une option viable. La question n'est pas de savoir si vous devez changer quelque chose, mais comment le faire intelligemment.


Les dispositifs pour faire une pause légalement


Plusieurs cadres juridiques permettent de suspendre ou de quitter son emploi tout en sécurisant sa situation.


Le congé sabbatique

Le principe : vous suspendez votre contrat de travail pour une durée de 6 à 11 mois (sauf accord collectif plus favorable). Votre poste est garanti au retour.

Conditions d'accès (Code du travail, art. L3142-28 à L3142-35) :

• 36 mois d'ancienneté minimum dans l'entreprise (consécutifs ou non)

• 6 années d'activité professionnelle (tous employeurs confondus)

• Ne pas avoir bénéficié d'un congé sabbatique, création d'entreprise ou PTP de 6 mois+ dans les 6 dernières années

• Demande à l'employeur 3 mois avant la date de départ souhaitée

Rémunération : le congé sabbatique n'est pas rémunéré, sauf disposition conventionnelle. Vous pouvez utiliser votre Compte Épargne Temps (CET) ou reporter vos 5e semaines de congés pour vous constituer un revenu.

Ce que l'employeur peut faire : accepter, reporter (6 à 9 mois selon la taille de l'entreprise), ou refuser si les conditions ne sont pas remplies ou si l'absence est préjudiciable à l'entreprise (avis CSE requis). Sans réponse sous 30 jours, l'accord est réputé acquis.

Pendant le congé : vous pouvez travailler ailleurs (hors concurrence), créer une entreprise, voyager, ou vous consacrer à un projet personnel. Vous n'avez pas à justifier l'usage de votre temps.

Au retour : vous retrouvez votre poste ou un poste équivalent avec la même rémunération. Votre ancienneté est conservée.


La démission-reconversion (dispositif démissionnaire)

Le principe : vous démissionnez pour mener un projet de reconversion professionnelle (formation ou création d'entreprise) et vous bénéficiez de l'allocation chômage.

Les chiffres (Unédic, 2024) : 27 000 allocataires fin 2024, 540 M€ de dépenses. Plus de 6 bénéficiaires sur 10 ont repris un emploi durable (CDI ou CDD 6 mois+) dans les 24 mois.

Conditions d'accès :

• 5 années d'activité salariée continue (1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois)

• Projet de reconversion « réel et sérieux » validé par Transitions Pro

• Accompagnement obligatoire par un Conseiller en Évolution Professionnelle (CEP) AVANT la démission

La procédure :

1. Vous consultez un CEP (gratuit) pour construire votre projet

2. Vous déposez un dossier auprès de Transitions Pro de votre région

3. La commission valide (ou non) le caractère réel et sérieux de votre projet

4. En cas d'accord, vous avez 6 mois pour démissionner et vous inscrire à France Travail

Important : si vous démissionnez AVANT d'avoir fait valider votre projet, vous perdez le bénéfice du dispositif. L'ordre des étapes est crucial.

Rémunération : vous percevez l'ARE (allocation d'aide au retour à l'emploi) dans les conditions habituelles. Si vous créez une entreprise, vous pouvez bénéficier de l'ARCE.


La rupture conventionnelle

Le principe : vous et votre employeur convenez d'une rupture à l'amiable du contrat de travail. Vous bénéficiez des allocations chômage.

Avantages : pas de conditions d'ancienneté spécifiques, indemnité de rupture négociable, ouverture des droits au chômage, pas besoin de justifier un projet particulier.

Limite : l'employeur doit accepter. Ce n'est pas un droit — c'est une négociation.

À savoir : depuis 2023, les ruptures conventionnelles sont soumises à un forfait social de 30% pour l'employeur, ce qui peut freiner certaines entreprises.


Le congé sans solde

Le principe : vous suspendez votre contrat sans rémunération, pour une durée convenue avec l'employeur.

Particularité : ce congé n'est pas prévu par le Code du travail. Il repose entièrement sur un accord avec l'employeur. Durée, conditions de retour, maintien des avantages — tout est négociable.

Quand l'envisager : si vous ne remplissez pas les conditions du congé sabbatique, ou si vous avez besoin d'une durée différente (plus courte ou plus longue que 6-11 mois).


Quel dispositif choisir ?


Le choix dépend de votre situation et de votre projet :


Vous voulez faire une pause pour réfléchir, sans projet défini → congé sabbatique (si conditions remplies) ou rupture conventionnelle

Vous avez un projet de reconversion clair (formation ou création) → démission-reconversion

Vous voulez partir définitivement avec un filet de sécurité → rupture conventionnelle ou démission-reconversion

Vous voulez une pause courte (< 6 mois) → congé sans solde (négociation avec employeur)

Vous voulez garder votre poste et revenir après → congé sabbatique ou congé sans solde


Ce que vous pouvez faire de ce temps


Une pause carrière n'est utile que si elle débouche sur quelque chose. « Se reposer » peut être nécessaire au début, mais ne suffit pas à transformer la suite.


Phase 1 : Décompresser (2 à 4 semaines)

Si vous êtes épuisé, accordez-vous un vrai temps de récupération. Pas de décision majeure, pas de pression. Dormez, bougez, retrouvez une énergie de base.


Phase 2 : Structurer la réflexion

C'est là qu'un accompagnement devient précieux. Un bilan de compétences vous permet de faire l'inventaire de vos acquis (compétences, valeurs, motivations), d'explorer des pistes de façon méthodique, et de construire un projet réaliste — pas juste une envie vague.


Le bilan est finançable par le CPF, y compris pendant un congé sabbatique ou une période de chômage. C'est souvent le moment idéal pour le faire : vous avez le temps et l'espace mental nécessaires.


Phase 3 : Tester et valider

Rencontrez des professionnels qui exercent les métiers qui vous intéressent (enquêtes métiers). Faites des immersions si possible. Testez vos hypothèses avant de vous engager dans une formation ou un projet de création.


Phase 4 : Passer à l'action

Formation, recherche d'emploi ciblée, création d'activité, retour dans l'entreprise avec un projet d'évolution... La pause doit déboucher sur une action concrète.


Préparer financièrement sa pause


La question financière est souvent le premier frein. Quelques pistes pour la gérer.


Simulez vos droits. Si vous envisagez la démission-reconversion ou la rupture conventionnelle, simulez vos allocations chômage sur le site de France Travail. Vous aurez une idée concrète de votre revenu pendant la transition.


Constituez une épargne de précaution. Si vous optez pour un congé sabbatique (non rémunéré), prévoyez 6 à 12 mois de dépenses courantes. Commencez à épargner plusieurs mois avant le départ.


Mobilisez votre CET. Si vous avez un Compte Épargne Temps, vous pouvez l'utiliser pour vous verser un revenu pendant le congé sabbatique (avec accord de l'employeur).


Reportez vos congés. Vous pouvez accumuler vos 5e semaines de congés payés sur plusieurs années (jusqu'à 6 ans) pour les prendre au moment du départ en congé sabbatique.


Vérifiez votre CPF. Vos droits à la formation restent mobilisables pendant la pause. Vous pouvez financer un bilan de compétences ou une formation sans toucher à votre épargne.


Comment nous pouvons vous accompagner


Chez RH Talents, nous accompagnons régulièrement des personnes qui font (ou envisagent) une pause carrière.


Avant la pause : un coaching de carrière peut vous aider à clarifier si la pause est la bonne option, à identifier le dispositif adapté, et à préparer une éventuelle négociation avec votre employeur.


Pendant la pause : un bilan de compétences vous permet de structurer votre réflexion, d'identifier vos forces et vos envies, et de construire un projet professionnel solide. C'est le moment idéal — vous avez le temps et l'espace mental pour ce travail en profondeur.


Après la pause : un coaching peut vous accompagner dans la mise en œuvre de votre projet — recherche d'emploi, préparation d'entretiens, lancement d'activité, retour dans l'entreprise avec un nouveau positionnement.



À retenir

Faire une pause dans sa carrière n'est pas un abandon — c'est souvent une nécessité pour retrouver de l'énergie, de la clarté et du sens. Plusieurs dispositifs légaux le permettent : le congé sabbatique (6-11 mois, poste garanti), la démission-reconversion (chômage + projet validé), la rupture conventionnelle (négociée, avec chômage), ou le congé sans solde (sur accord). Le choix dépend de votre situation, de votre projet et de vos contraintes financières. Pour que la pause soit utile, structurez ce temps : décompression, puis réflexion accompagnée (bilan de compétences), puis action.


Vous envisagez une pause carrière et vous voulez en parler ?

Réservez un entretien découverte gratuit et confidentiel pour faire le point sur votre situation et identifier les options qui s'offrent à vous.



Sources

  • Code du travail, articles L3142-28 à L3142-35 (congé sabbatique)

  • Service-Public.fr — Congé sabbatique du salarié dans le secteur privé (mise à jour mars 2025)

  • Unédic (2024). Démission-reconversion : quels parcours dans les 24 premiers mois.

  • Transitions Pro — Dispositif démission-reconversion


bottom of page