Ressentéisme au travail : quand rester devient plus destructeur que partir
- José PEREZ GABARRON

- il y a 1 jour
- 4 min de lecture

Être là… sans y être vraiment
Ils sont présents. Ils respectent leurs horaires. Ils font ce qu’on leur demande.
Et pourtant, intérieurement, ils ont déjà quitté leur poste.
Le ressentéisme désigne cette situation paradoxale dans laquelle un salarié reste dans un emploi qui ne lui convient plus, non par choix, mais par contrainte : peur financière, manque d’alternatives, sentiment d’enfermement ou perte de confiance.
Contrairement à l’absentéisme, le ressentéisme est invisible. Et c’est précisément ce qui le rend si dangereux.
Le ressentéisme : définition et réalité du terrain
Le ressentéisme se manifeste par :
une présence physique sans engagement réel,
une baisse progressive de motivation,
un désinvestissement émotionnel,
parfois une forme de cynisme ou de résignation silencieuse.
👉 Ce n’est ni de la paresse, ni un manque de professionnalisme.
👉 C’est souvent le signe d’un désalignement profond entre la personne et son travail.
Pourquoi le ressentéisme explose aujourd’hui ?
1. Une relation au travail profondément transformée
Ces dernières années, le rapport au travail a changé :
quête de sens accrue,
refus croissant du sacrifice permanent,
remise en question des modèles hiérarchiques rigides.
Beaucoup de salariés ne veulent plus seulement “un emploi”, mais un travail qui a du sens pour eux.
Quand cette attente se heurte à la réalité quotidienne, le ressentéisme s’installe.
2. Le manque de perspectives d’évolution
L’absence de projection est l’un des premiers déclencheurs :
pas d’évolution possible,
compétences sous-exploitées,
sentiment de stagnation.
On reste, non pas parce que l’on va quelque part, mais parce que l’on ne sait pas où aller.
3. La peur de changer
Changer de voie, se réorienter, envisager une reconversion professionnelle…Ces mots font souvent plus peur que le mal-être lui-même.
Résultat :👉 on s’adapte,👉 on s’éteint progressivement,👉 on tient “encore un peu”.
Les conséquences du ressentéisme : un coût humain et collectif
Pour l’individu
Le ressentéisme n’est jamais neutre :
fatigue chronique,
perte d’estime de soi,
anxiété,
troubles psychosociaux,
risque accru de burn-out.
Beaucoup de burn-out ne naissent pas d’un excès de travail, mais d’un travail vidé de sens.
Pour l’entreprise
Un salarié en ressentéisme est présent… mais coûteux :
baisse de productivité,
climat d’équipe dégradé,
perte d’innovation,
désengagement contagieux.
👉 Le ressentéisme est souvent le symptôme silencieux d’un système qui dysfonctionne.
Ressentéisme et orientation professionnelle : le vrai lien
Le ressentéisme n’est pas seulement un problème de conditions de travail.C’est très souvent une question d’orientation professionnelle mal ajustée ou devenue obsolète.
Ce qui convenait il y a 5, 10 ou 15 ans :
ne correspond plus à la personne d’aujourd’hui,
ne nourrit plus les mêmes valeurs,
n’est plus compatible avec la réalité personnelle.
👉 Le ressentéisme pose une question centrale : Suis-je encore à la bonne place ?
Quand le ressentéisme devient un signal de reconversion
Contrairement à une idée reçue, la reconversion professionnelle n’est pas toujours un choix radical ou une fuite.
Elle est parfois :
une évolution naturelle,
un réalignement progressif,
une réorientation plus fine à l’intérieur ou à l’extérieur de son métier.
Le ressentéisme peut alors devenir un signal d’alerte utile, à condition de l’écouter avant l’épuisement.
Sortir du ressentéisme : passer de la survie au choix
Étape 1 – Mettre des mots sur ce que l’on vit
Tant que le malaise reste flou, il paralyse.Clarifier :
ce qui ne convient plus,
ce qui épuise,
ce qui fait encore sens (ou non),
est déjà un premier pas vers la sortie.
Étape 2 – Explorer sans s’engager trop vite
Beaucoup restent bloqués car ils pensent devoir :
tout quitter,
repartir de zéro,
prendre des risques démesurés.
En réalité, l’exploration peut être progressive, structurée et sécurisée.
C’est là que le bilan de compétences joue un rôle clé.
Le bilan de compétences : un antidote au ressentéisme
Le bilan de compétences permet de :
comprendre l’origine du désengagement,
identifier ses compétences réelles et transférables,
redéfinir un projet professionnel réaliste,
sortir du flou et de la culpabilité.
Il transforme une souffrance silencieuse en démarche consciente et constructive.
👉 Pour beaucoup de personnes en ressentéisme, le bilan n’est pas une reconversion immédiate, mais une reprise de pouvoir sur leur trajectoire.
Coaching de carrière : travailler la relation au travail
Parfois, le problème n’est pas uniquement le poste, mais la relation au travail elle-même :
rapport à la performance,
difficulté à poser des limites,
peur de décevoir,
besoin de reconnaissance.
Le coaching de carrière permet alors de :
comprendre ses mécanismes internes,
ajuster sa posture professionnelle,
faire des choix alignés plutôt que contraints,
retrouver une capacité de décision sereine.
C’est souvent un levier puissant pour sortir du ressentéisme sans tout casser.
Et du côté des entreprises ?
Prévenir le ressentéisme passe par :
une vraie écoute des signaux faibles,
des espaces de dialogue sécurisés,
des perspectives d’évolution claires,
la reconnaissance du travail réel,
l’accès à la formation et à l’accompagnement.
Mais surtout, par un changement de regard :👉 un salarié en difficulté n’est pas un problème,👉 c’est une information précieuse.
Le ressentéisme n’est pas une fatalité
Le ressentéisme est l’un des grands maux silencieux du travail moderne.Il ne parle ni de faiblesse, ni de manque de volonté.
Il parle :
de désalignement,
de peur de changer,
d’orientation devenue obsolète,
d’une relation au travail à repenser.
Orientation professionnelle, reconversion, bilan de compétences, coaching de carrière :ces démarches ne sont pas des aveux d’échec, mais des actes de maturité.
✨ Et si le ressentéisme n’était pas un problème à faire taire…mais un message à écouter, avant qu’il ne devienne un cri ?
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